jeudi 1 septembre 2016

Ces pedagogos si susceptibles...

Impossible ces dernières semaines de ne pas tomber sur un article ou un point de vue d'un tenant de la pedagogie "avancée" que j'appellerai par facilité "pedagogo" pour souligner leur excès de naïveté, impossible de ne pas trouver un point de vue donc, dénonçant Twitter et les méchants profs dessus.

La fable des pedagogos à la Watrelot, Houry et autre De Vannsay est la suivante: autrefois, il existait un âge d'or où tous les profs sur Twitter étaient gentils et collaboraient pour s'échanger des séquences et des super idées de pedagogos à mettre en œuvre dans des "îlots ludifiés" (la salle de classe).

Mais soudain sont arrivés les méchants que les pedagogos appellent reacs, trolls, fachos ou anonymes consternants. Ils n'ont rien fait que de ruiner le beau Twitter des pedagogos avec leurs sarcasmes, moqueries et autres insultes. Pourquoi? Parce que selon Houry ou Watrelot, ils sont réacs ou malveillants ou les 2. En plus ils tweetent sous pseudo ce qui prouve qu'ils sont lâches. Quand la pedagogo, Mila alias Caroline tweete sous pseudo, c'est en revanche très courageux.

La réalité est toute autre. Les pedagogos et leurs alliés syndicaux de l'unsa et du sgen sont très minoritaires dans la profession. Peut être 25% des profs ?? Ils sont en revanche très actifs sur Twitter et le voient comme leur espace pour pallier la faiblesse de leurs effectifs. Prof' depuis 12 ans dans l'académie de Créteil, je n'ai jamais rencontré de profs de l'unsa ou du sgen. Ils n'ont personne. Twitter leur permet de donner l'illusion du nombre.

Ce qu'ils ne supportent pas dans nos railleries, blagues et autres sarcasmes, c'est que nous posons les questions qui fâchent :
-Est ce que ta séquence tient la route ? Est ce que ta proposition pédagogique est sensée ou ridicule ? Vous remarquerez que nombre de formateurs (pas tous heureusement) ont horreur que l'on discute leurs propositions. Toute remise en cause devient du "dénigrement", des "attaques" forcément vicieuses ?! La contradiction est toujours refusée. Pourquoi? C'est un groupe social et intellectuel qui ne connaît pas les pratiques scientifiques réelles fondées sur le débat critique. Les sciences de l'éducation n'ont que l'apparence de sciences.
-D'ou parlez vous ? Quelle est ta position sociale et politique, ton expérience, ta légitimité pour pérorer sur telle ou telle question? Question essentielle de tout débat public! Si tu es déchargée que tu n'enseignes pas, peux-tu vraiment donner des conseils à tes collègues qui ont les mains dans le cambouis ? Quand tu encenses les paroles de ta hiérarchie, fais-tu ton travail de syndicaliste ? Quand tu travailles dans un établissement rural sans problème peux-tu moquer tes collègues de banlieue quand ils te parlent des mauvais coups de certains élèves ?

Nos questions sont légitimes et si les pédagogos étaient moins bêtes ils y répondraient sans chouiner.


2 commentaires:

  1. Excellent ! :-)))))) débat "public" au dernier paragraphe ça serait mieux ! Bisou ... une anonyme très consternante ....

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  2. Très juste. Ceci dit d'un oeil extérieur de non prof. Mais il est vrai, en matière d'éducation un rien réac.

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